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1937: l’ar­ri­vée des premiers réfu­giés espa­gnols

Il y a 80 ans arri­vaient les premiers réfu­giés espa­gnols en Bretagne, suite à la guerre d’Es­pagne. Les trois années de ce conflit ont marqué une rupture dans l’his­toire contem­po­raine de l’Es­pagne, en frei­nant le proces­sus de construc­tion démo­cra­tique initié avec la procla­ma­tion de la Seconde Répu­blique le 14 avril 1931. Ce conflit natio­nal devient rapi­de­ment inter­na­tio­nal en déclen­chant une série de crises dans le reste de l’Eu­rope.

       La guerre d’Es­pagne a provoqué un exode sans précé­dent dans l’his­toire de ce pays mais aussi de la France, prin­ci­pale terre d’asile de ces exilés. Au total, 600 000 Espa­gnols quittent leur pays en deux vagues prin­ci­pales. Les premières évacua­tions massives de civils ont lieu au prin­temps 1937 suite à une violente attaque « natio­na­liste » dans le nord-ouest du pays. Devant cette situa­tion inédite, le gouver­ne­ment français prend des mesures d’ur­gence. 45 dépar­te­ments sont mis en situa­tion d’alerte dont les dépar­te­ments bretons.

Ce premier exode massif commence par voie mari­time. Du nord-ouest de l’Es­pagne assié­gée par les franquistes des convois mari­times sont orga­ni­sés pour l’éva­cua­tion des popu­la­tions civiles. Les navires quittent l’Es­pagne atlan­tique sous escorte française et anglaise pour rejoindre les ports français, Bordeaux, la Pallice, … Suite à ces traver­sées, les popu­la­tions sont ache­mi­nées par train dans les dépar­te­ments français d’ac­cueil. Le Finis­tère accueillera 1700 de ces premiers réfu­giés…

L’exode mari­time: http://www.mari­na­vasca.eu/es/multi­me­dia-bou-vasco.php?o=10

Départ de la côte basque

À ces départs orga­ni­sés succèdent l’ar­ri­vée sur les côtes françaises de navires dispa­rates en prove­nance des Astu­ries, de Galice et de Santan­der…. « Cons­tante F. Veiga, Ciudad de Monte­vi­deo, Lourdes, Galea », …  autant de chalu­tiers, pinasses, cargos qui arrivent à forcer le blocus franquiste pour gagner les ports bretons.

80 ans plus tard, Josu Fonte­cha Heras, un ami basque de MERE 29, nous raconte le périple de sa mère  María Concep­ción Heras Andrés et de son frère José, deux jeunes enfants de 7 et 11 ans qui partaient sur les voies de l’exil.

L’ODYSSÉE DE MA MÈRE

JOSU FONTECHA HERAS

article josu 9

María Concep­ción Heras Andrés (que tous  appe­laient Conchi) et son frère José (Jose­chu), Quim­per 2007

habanaLe HABANA

BILBAO (1er juin 1937). Le 1er juin, vers cinq heures du matin, le navire HABANA lève l’ancre depuis le port de Santurce avec à son bord 4205 passa­gers qui fuient les bombar­de­ments et la folie meur­trière du Géné­ral Mola qui prétend entrer dans sa ville à feu et à sang. Parmi eux, se trouvent ma mère, María Concep­ción Heras Andrés (que tous  appellent Conchi), alors âgée de sept ans, et son frère José (Jose­chu), de onze ans.  Tous les deux sont sous la tutelle d’une voisine, Euge­nia Rojo, qui voyage avec sa fille Marce­lina Unzue, malade et âgée de  vingt ans. Euge­nia, dont les trois fils luttent pour la Répu­blique, est veuve. Son mari a été victime d’une pneu­mo­nie contrac­tée dans un refuge, lors d’une nuit de bombar­de­ments.

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Carte d’iden­ti­fi­ca­tion du Dépar­te­ment de l’As­sis­tance Sociale du Pays Basque (Expé­di­tion vers l’An­gle­terre)

Ils ont fait le trajet depuis la ville de Bilbao, aussi « noire que l’in­té­rieur d’un four », jusqu’au port dans un train non éclairé afin que les avions, ces avions qui depuis des mois bombardent la ville, ne puissent les repé­rer.  Après avoir esquivé les dangers des trois premiers milles (les mines et le croi­seur «  Almi­rante Cervera  » des « Natio­na­listes » qui tentent de les empê­cher de passer en tirant des coups de canon), ils atteignent les eaux inter­na­tio­nales et conti­nuent leur voyage, escor­tés par deux unités de l’ar­mée britan­nique.

Vers 7h30 du matin du 2 juin, ils arrivent au port de LA PALLICE. Le 3 juin, ils prennent un train de réfu­giés à desti­na­tion de NANTES. Le 4 juin, à 2 h du matin, ils partent en train, via QUIMPER, où ils arrivent épui­sés, à 7h45. Les auto­ri­tés françaises leur servent un petit déjeu­ner. Le Docteur Tuzet, qui parle espa­gnol, les examine. Puis, après avoir été répar­tis en plusieurs groupes, Conchi et ceux qui l’ac­com­pagnent arrivent à PLOUHINEC (Poul­goa­zec).

extrait breton socialiste

La une de « Le Breton Socia­liste » 5 juin 1937

PLOUHINEC (juin 1937). On les loge dans de grandes baraques (type caserne) d’une ancienne usine désaf­fec­tée, trans­for­mée en colo­nie de vacances, où sont déjà instal­lés 400 à 500 réfu­giés.

Le jour suivant, le 5 juin, tandis que les réfu­giés accom­plissent certaines tâches, Charles Le Guya­der, du Front popu­laire du Finis­tère, leur rend visite à la colo­nie. Lors de cette émou­vante rencontre, Le Guya­der leur explique où ils se trouvent en dessi­nant une carte sur le couvercle d’une boîte de chaus­sures. Il leur annonce la mort de Mola, dans un acci­dent d’avion, ce qui ne les soulage pas vrai­ment, même si ce géné­ral était l’ar­ti­san prin­ci­pal de leurs malheurs et une menace directe pour leurs familles.

Une semaine passe et le 12 juin, la fille de Euge­nia, Marce­lina, qui a effec­tué tout le voyage avec des problèmes respi­ra­toires, est admise à l’hô­pi­tal Laën­nec de Quim­per. Le Guya­der présente une demande afin que Euge­nia soit logée  à la CANTINE SCOLAIRE de Quim­per, pour se rappro­cher de sa fille.

 

Colo­nie de Plou­hi­nec. Réfu­giés espa­gnols à partir du 1er juillet 1937. AD 29

Bilbao est, à cette date, sur  le point de tomber.

rue kereon quimper 1938

Quim­per, rue Kereon, 1937

QUIMPER (juillet 1937). Le 8 juillet, Euge­nia, Jose­chu et Conchi partent en car vers Quim­per. Ils logent tout d’abord à la CANTINE SCOLAIRE de la rue Réguaires où se trouvent déjà 40 à 50 personnes.

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État des prix des jour­nées d’hé­ber­ge­ment (archives muni­ci­pales de Quim­per, 1937)

Le 6 août, ils sont trans­fé­rés au RESTAURANT BELLEVUE de MME FRIAND, rue de Douar­ne­nez à Quim­per, où une salle de banquets  a été trans­for­mée pour accueillir 28 réfu­giés espa­gnols. Conchi et Jose­chu commencent à apprendre le français, mais il ne reçoivent que peu de cours car rapi­de­ment Jose­chu commence à souf­frir de terribles crises de colite. Le 12 août , il entre à l’Hospice civil de Quim­per.

article josu 7Conchi et Jose­chu à l’hos­pice de Quim­per en 1937

Là, il est soigné par le Docteur Roger Piriou. Conchi va tous les jours à l’hô­pi­tal voir son frère. Le Docteur s’oc­cupe d’eux, comme un père. Il leur offre souvent des cadeaux, comme de lourdes vitres déco­rées de paysages à Jose­chu et des vête­ments à Conchi (des jupes-culottes et des bonnets-bérets comme portent alors les fillettes en France).

article josu 8

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À LA MÊME ÉPOQUE EN ESPAGNE

Le 1er septembre, vers trois heures de l’après-midi, le père de Conchi et Jose­chu , RICARDO HERAS RODERO, mon grand-père, conduit le tram­way n°25, rempli de voya­geurs. Il doit s’ar­rê­ter afin que passe un bataillon d’ita­liens qui se dirige vers la Gare du Nord. Ricardo ne peut s’em­pê­cher de dire que, s’ils étaient restés dans leur pays, la guerre n’au­rait même pas duré quinze jours. Le commen­taire est entendu par un employé subal­terne du Tribu­nal Provin­cial de Bilbao, Juan Fosas Carrera, qui le 6 septembre  le dénonce comme « homme dange­reux pour la Nation ». Ricardo est arrêté immé­dia­te­ment et le 13 septembre il intègre  « préven­ti­ve­ment » la Prison Provin­ciale de Bilbao.

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Fin septembre, les auto­ri­tés françaises obligent Euge­nia à rentrer en Espagne. Elle doit choi­sir entre l’Es­pagne Franquiste et l’Es­pagne Répu­bli­caine. Elle choi­sit la zone « rouge » en rentrant en Cata­logne. Le Docteur Piriou se propose alors de garder les enfants, s’en­ga­geant à recher­cher leur famille, dès la fin de la guerre. Il promet aussi de reve­nir avec eux à Quim­per si leur famille dispa­rais­sait et de les éduquer alors comme ses propres enfants. Euge­nia, qui se sent respon­sable d’eux, refuse la propo­si­tion.

 

Colo­nie de Quim­per. État des Réfu­giés au 24 septembre 1937. AD 29

 

Le 8 octobre 1937, à 11 h du matin, Jose­chu et Marce­lina quittent l’hô­pi­tal et vers 5 h de l’après-midi, ils prennent tous les quatre le train à la gare de Quim­per. Le jour suivant, ils arrivent à LATOUR-DE-CAROL et, une fois passée la fron­tière, voyagent jusqu’à MATARÓ.

MATARÓ  (octobre 1937). Marce­lina entre, dès son arri­vée, à l’Hôpi­tal, ses problèmes respi­ra­toires s’étant aggra­vés. Quant aux trois autres, ils se  retrouvent dans un cinéma et attendent, assis dans des fauteuils. À  la nuit tombante, ils partent en groupe, se prome­nant dans la rue et frap­pant aux portes pour cher­cher l’hos­pi­ta­lité. Jose­chu est accueilli dans une maison, Euge­nia et Conchi dans une autre habi­ta­tion de la même rue. Ils mangent dans les cantines du Secours Social.

Le proprié­taire de la maison qui a accueilli Jose­chu lui trouve une autre maison où il y a un bar où l’on prépare les repas pour les prison­niers. Jose­chu va chaque jour les porter à la prison.

Un jour, sur la place du marché, Conchi et Euge­nia entament une conver­sa­tion avec Marie, une française mariée à Lucas, un habi­tant de Bilbao qui  travaille dans une fabrique de verre. Après les avoir invi­tées chez eux, le couple propose d’ac­cueillir la fillette. Devant la demande d’Euge­nia,  ils acceptent aussi de l’ac­cueillir, mais tempo­rai­re­ment, car ils ne peuvent prendre la charge des deux.

Lucas et Marie, qui ont un fils du même âge, Jesús, s’oc­cupent très bien de Conchi . C’est dans cette maison que, le 8 décembre 1937, Conchi a 9 ans et Jose­chu lui offre, à cette occa­sion,  une bague et un petit porte­feuille, ache­tés avec ses écono­mies. Cela restera à jamais le cadeau le plus impor­tant qu’elle ait reçu de toute sa vie.

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À LA MÊME ÉPOQUE EN ESPAGNE

  Le 9 décembre est publiée la Sentence de Ricardo : 30 ans de réclu­sion et priva­tion des droits civils et poli­tiques, pour le  délit de Rébel­lion Mili­taire (curieux para­doxe).

 

Vers mi-décembre, Euge­nia, après avoir discuté avec Lucas, décide de quit­ter leur maison avec Conchi. Elle obtient une petite mansarde pour elles deux. À nouveau, les repas sont pris dans les cantines du Secours Social. C’est ainsi que se passent les Fêtes de Noël de 1937. Parfois, Conchi rend visite, en cachette, à Marie et à Lucas. 

BARCELONA (1938). Marce­lina est trans­por­tée à l’hôpi­tal de Barce­lone et c’est pourquoi Euge­nia, Conchi et Jose­chu  rejoignent cette ville. Là ils sont logés dans une maison de réfu­giés, près de  la « Diago­nal », où il y a des cantines avec des  grandes tables et  des assiettes en alumi­nium comme celles des soldats. Ils ont l’ha­bi­tude de manger des légumes mélan­gés à du riz.

Quelque temps plus tard, Marce­lina décède. Elle n’a pas de funé­railles, Euge­nia n’est pas croyante. Jose­chu et Conchi vont à l’hô­pi­tal, pour voir sortir le corbillard et lui faire leurs adieux mais toute la mati­née ils voient sortir des corbillards sans savoir dans lequel elle se trouve.

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À LA MÊME ÉPOQUE EN ESPAGNE

Le 24 mai, Ricardo est trans­féré à la prison del Dueso, à Santoña (Santan­der).

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À Barce­lone, quelqu’un prend la déci­sion de conduire Jose­chu dans une colo­nie d’en­fants, et à partir de ce jour Euge­nia et Conchi  perdent le contact avec lui. Euge­nia commence à perce­voir alors de l’argent pour ses trois fils combat­tants et elle et la fillette peuvent se permettre de manger par leurs propres moyens. Les jours de marché elles achètent des sardines et Conchi prend seule le train, et dans un petit panier, les apporte à Canet de Mar, à des amies de Euge­nia qui étaient de Sestao. Ces femmes, dont la maison se trouve près de la gare, touchent alors aussi de l’argent pour des parents sur le front et, au début de l’été,  leur proposent de venir vivre avec elles. Euge­nia accepte la propo­si­tion.

CANET DE MAR (juin 1938). Elles y passent l’été 1938. Il fait très beau et Conchi va  jouer à la plage de Roca de Canet,  près de la maison.

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À LA MÊME ÉPOQUE EN ESPAGNE

Le 25 juillet, Ricardo est trans­féré à la prison del Puerto de Santa­maría, à Cádiz, à presque mille kilo­mètres de sa famille.

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Un jour d’au­tomne, Conchi accom­pagne Euge­nia à Barce­lona pour régler un problème de paie­ment de sa pension. Arri­vées à  desti­na­tion, Euge­nia a un malaise et est conduite à l’hôpi­tal avec la fillette, qui, main­te­nant seule, vaga­bonde dans l’hô­pi­tal. Depuis le jardin de l’hô­pi­tal, elle voit la mer et les réflec­teurs qui pointent vers le ciel pour détec­ter les avions.

Quelques jours s’écoulent et une dame du Dépar­te­ment de l’As­sis­tance Sociale appa­raît et fait monter la fillette dans sa voiture.

ARENYS DE MAR (ou DE MUNT). Conchi a perdu tous ses proches. Elle est logée dans une colo­nie située dans une maison seigneu­riale réqui­si­tion­née, entou­rée d’une énorme propriété rurale clôtu­rée. Il y a là un couple de paysans qui s’oc­cupe de la ferme : on dit d’eux qu’ils haïssent les répu­bli­cains et qu’ils font des signaux aux avions avec des draps afin de leur faire connaître leur posi­tion. Les enfants en sont terro­ri­sés.

Le 8 décembre, Conchi a 10 ans. Un jour de fin janvier 1939, entre deux et trois heures du matin, alors qu’elle et ses compagnes dorment,  arrivent des soldats répu­bli­cains de la caserne voisine. Ils les font se lever, les pressent de prendre une couver­ture et de sortir en courant. En chemise de nuit, elles montent dans des camions non bâchés. Quand elles circulent sur la route, elles voient tomber les bombes à l’ar­rière et la colo­nie, là où elles dormaient quelques instants aupa­ra­vant, être la proie des flammes.

La nuit suivante, elles font une halte dans la campagne et dorment à la belle étoile, enrou­lées dans les couver­tures. Le jour suivant, sur une place de GERONA, on leur donne du lait condensé et de l’eau. Elles arrivent ensuite à PORTBOU et mangent dans la gare, avant de monter, entas­sées, dans un train de marchan­dises à desti­na­tion de TOULON.

TOULON (février 1939). Conchi et ses compagnes logent dans une colo­nie au bord de mer. Quelques reli­gieuses s’oc­cupent de prépa­rer les repas et de les servir dans la salle à manger,  les fillettes font les autres travaux. Parfois des personnes de la Croix Rouge viennent leur rendre visite et leur distri­buent des petits pains et des tablettes de choco­lat. Pour les remer­cier, quelques fillettes exécutent des danses basques. C’est là que Conchi passe les premiers mois de 1939.

Le 1er avril, la guerre s’achève et les enfants commencent à être rapa­triés en Espagne.

toulon 1939

Toulon 1939

BILBAO (20 avril 1939). Le jeudi 20 avril 1939, le groupe dans lequel se trouve Conchi arrive à Bilbao. Les enfants sont conduits au « Cole­gio del Amor Mise­ri­cor­dioso » où ils passent la nuit. Conchi ne sait rien de sa famille depuis qu’elle est partie, elle ne sait même pas s’ils sont encore vivants.

Le jour suivant, le 21 avril, la mère de Conchi vient la cher­cher dans l’après-midi, avec sa petite sœur Begoña qu’elle a quit­tée quand elle avait quatre ans et qui alors en a six. Toutes les deux sont toujours à Bilbao. Le frère aîné, Emi, a été mobi­lisé, la sœur aînée, Margari, est partie chez sa grand-mère afin de pouvoir s’ali­men­ter correc­te­ment, le père Ricardo est interné dans la prison del Puerto de Santa­maría et la famille  n’a aucune nouvelle de Jose­chu. 

Chaque matin, elles descendent alors consul­ter dans le jour­nal « La Gaceta del Norte », section « l’œuvre du caudillo », les listes des enfants rapa­triés afin de cher­cher son nom. Deux longs mois passent et, enfin, le 28 juin 1939 Jose­chu revient à la maison.

Le lende­main, 29 juin 1939, les trois enfants et la mère se voient obli­ger de se rendre au défilé de la libé­ra­tion de Bilbao, avec celle qu’on appelle “La guar­dia mora” (La  garde maure) qui  défile à cheval sur la « Gran Vía »  devant Franco au balcon de la « Depu­ta­ción » (Dépu­ta­tion).

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« Gran Vía » (Bilbao)

La guerre a cassé la famille, la post-guerre achève de la détruire. En mars 1940, Bego, 7 ans, meurt suite à une  ménin­gite et  c’est dans sa prison que Ricardo reçoit l’avis de décès de sa plus jeune fille. Le frère aîné, Emi, qui accom­plit alors son service mili­taire obli­ga­toire (trois ans), ne pourra être, lui non plus,  aux côtés des siens pour les obsèques, on ne lui octroie pas de permis­sion.  8 ans plus tard, alors que Conchi a 19 ans, sa sœur aînée, Margari,  meurt de tuber­cu­lose, mala­die endé­mique parmi les misé­rables de l’époque .

Aujourd’­hui, Conchi et Jose­chu ont respec­ti­ve­ment 88 et 91 ans et, malgré le temps écoulé, Conchi ne peut toujours pas  rete­nir ses larmes quand elle parle des siens.

 

Mars 2017 (traduc­tion Clau­dine Allende Santa Cruz et Jean Sala Pala) et l’ai­mable concours de Hugues Vigou­roux.

 

Pour retrou­ver l’ar­ticle en espa­gnol de Josu Fonte­cha Heras : La Odisea de mi madre