Il y a 90 ans, le 16 février 1936, victoire du Front Populaire en Espagne…

La seconde république espagnole (1931-1936) était assise sur les socialistes et le centre gauche : son programme se fondait sur une justice sociale portée par un État modernisateur, luttant contre la mainmise des grands propriétaires. Elle préconise aussi une révolution de l’éducation pour promouvoir une citoyenneté laïque et un espace public pluraliste.
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Alcala Zamora puis Azana tentent de le mettre en œuvre, mais l’administration demeure majoritairement plus acquis aux potentats locaux et aux forces traditionnelles et réactionnaires.La récession fragilise l’Espagne : les républicains dénoncent la montée du fascisme, tandis que les militaires préconisent la force pour mater les grèves (Asturies, 1934). L’Espagne compte alors 675 000 chômeurs. En novembre 1933, les républicains ont essuyé un revers électoral ; la droite fait son retour au gouvernement, jusqu’à ce qu’un Front populaire dominé par les socialistes s’impose aux élections de 1936. Le résultat qui conduit à un gouvernement de gauche, d’où sont absents les anarchistes ne sera jamais accepté par l’Espagne réactionnaire soutenue par les grands propriétaires et une partie de l’armée.
Le soulèvement commence à Melilla le 17 juillet. Franco mobilise ses troupes marocaines. Le 19 juillet 1936, sur tout le territoire, des militaires et des politiciens monarchistes tentent un coup d’État. Plus qu’un renversement du gouvernement républicain légal, l’Espagne franquiste s’engage dans une croisade nationaliste et catholique, qui vise à purger l’Espagne de tout élément démocratique. Le résultat… l’Espagne s’enferme dans 40 ans de dictature.
