Home » Réalisations et projets » Colloques, conférences » Da súa Fisterra á nosa Finis­tère (De leur Fisterra à notre Finis­tère) : Clau­dio Rodrí­guez Fer, Président d’hon­neur de Mere 29, et María Lopo ont séjourné à Brest les 24 et 25 octobre 2017, invi­tés par Iván López Cabello de l’UBO.

Da súa Fisterra á nosa Finis­tère (De leur Fisterra à notre Finis­tère) : Clau­dio Rodrí­guez Fer, Président d’hon­neur de Mere 29, et María Lopo ont séjourné à Brest les 24 et 25 octobre 2017, invi­tés par Iván López Cabello de l’UBO.

Clau­dio et María sont arri­vés le mardi 24 en début d’après-midi. Ils ont été accueillis par Iván de l’UBO (Univer­sité de Bretagne Occi­den­tale) et par Hugues, Jean, Monique, Clau­dine de l’as­so­cia­tion Mere 29.

L’après-midi a été consa­cré à la visite de 3 lieux impor­tants de Brest qui rappellent l’ exil des répu­bli­cains espa­gnols dans le Finis­tère :

Le premier arrêt a eu lieu à la BASE DES SOUS-MARINS Mere 29 a fait appo­ser une plaque le 10 octobre 2014. En effet, c’est dans cet « Arse­nal de la barba­rie » que ces Espa­gnols, venant des camps du sud de la France, ont été livrés aux Alle­mands par le gouver­ne­ment de Vichy et y ont travaillé comme des forçats. En ce jour du 1o octobre 2014, Clau­dio nous a fait l’ami­tié de nous offrir ce très beau poème « Arse­nal da barba­rie » qui a été lu en français, en espa­gnol et en breton.

La deuxième étape nous a conduits au FORT MONTBAREY, aujourd’­hui  musée consa­cré à l’his­toire du Finis­tère pendant la Deuxième Guerre mondiale. À l’ex­té­rieur de ce fort, Mere 29 a fait appo­ser une plaque le 27 mai 2015 au cours de la Jour­née natio­nale de la Résis­tance, pour rappe­ler que dans les douves de cette forti­fi­ca­tion, les répu­bli­cains espa­gnols ont été canton­nés dans des baraques.

Nous avons terminé notre parcours de Mémoire à la Maison de la Fontaine où se trou­vaient l’ex­po­si­tion sur le C2, ce sous-marin espa­gnol battant pavillon répu­bli­cain, arrivé à Brest en août 1937  et l’ex­po­si­tion de Mere 29 « Les réfu­giés espa­gnols dans le Finis­tère, de la guerre d’Es­pagne à nos jours ».

L’après-midi du mercredi 25 à l’UBO a été consa­cré à deux confé­rences et un réci­tal poétique multi­lingue.

 

Les Mots de bien­ve­nue ont été adres­sés aux inter­ve­nants par Alain Kerhervé direc­teur HCTI (Héri­tages et Cons­truc­tion dans le Texte et l’Image), Iván López Cabello (HCTI) et Hugues Vigou­roux président de Mere 29.

UBO 25 octobre 2017: Alain Kerhervé direc­teur HCTI (Héri­tages et Cons­truc­tion dans le Texte et l’Image), Iván López Cabello (HCTI) et Hugues Vigou­roux président de Mere 29. (photo Marie Le Bihan)

La prési­dente de séance Fátima Rodrí­guez (HCTI), origi­naire de Ponte­deume (A Coruña), nous a présenté Clau­dio Rodrí­guez Fer, María Lopo et les thèmes qu’ils ont choi­sis de nous faire parta­ger ainsi que le réci­tal multi­lingue.

Clau­dio Rodrí­guez Fer, origi­naire de Lugo, écrit des poèmes en gali­cien et en castillan. Il est essayiste, drama­turge, profes­seur à l’ USC (Univer­sité de Saint-Jacques de Compos­telle), direc­teur de la chaire de José Ángel Valente de poésie et esthé­tique à l’USC, Docteur Hono­ris Causa de l’Uni­ver­sité de Rennes 2, Président de la « Asocia­ción para a Digni­fi­ca­ción das Víti­mas do Fascismo  » (Asso­cia­tion pour rendre Hommage aux Victimes du  Fascisme)  et Président d’hon­neur de Mere 29. Clau­dio nous a  parlé du sujet qui lui tient beau­coup à cœur : «  De la Galice à la Bretagne : mémoire, exil et frater­nité sans fin ».

María Lopo, née à Vigo (Ponte­ve­dra), est essayiste et écrit en gali­cien, castillan et français. Elle est Docteure en Litté­ra­ture française de l’Uni­ver­sité de Rennes 2 et profes­seure à Saint-Jacques de Compos­telle. María fait partie, comme Clau­dio, de la « Asocia­ción para a Digni­fi­ca­ción das Víti­mas do Fascismo  ». María est spécia­liste en Galice de la biogra­phie de María Casares Pérez, plus connue en France sous le nom de Maria Casa­rès. Elle a inti­tulé son exposé : « Maria Casa­rès, racines gali­ciennes et mémoire répu­bli­caine d’une actrice exilée ».

Le Réci­tal Poétique Multi­lingue du poème « A Cabe­leira », écrit en gali­cien par Clau­dio Rodrí­guez Fer, a été orga­nisé par les étudiantes et les étudiants du Master mention Culture et Commu­ni­ca­tion, parcours Mana­ge­ment de projets inter­na­tio­naux.

CONFÉRENCE numéro 1 : « Maria Casa­rès, racines gali­ciennes et mémoire répu­bli­caine d’une actrice exilée » par María Lopo.

María Lopo, la première inter­ve­nante de l’après-midi, nous a parlé de María Casares dont le véri­table nom est María Victo­ria Casares Pérez et qui est née le 21 novembre 1922 dans la ville de A Coruña en Galice. En France, elle est plus connue sous le nom de Maria Casa­rès et recon­nue comme une très grande actrice du cinéma et du théâtre. Son père, Santiago Casares Quiroga, homme d’état gali­cien, avocat, répu­bli­cain dans l’âme, a été le Président du gouver­ne­ment sous la Prési­dence de la seconde Répu­blique espa­gnole de Manuel Azaña du 13 mai 1936 jusqu’au 18 juillet 1936, date du soulè­ve­ment mili­taire, dirigé par les géné­raux rebelles Franco, Mola et Sanjurjo.

María Lopo a écrit deux livres concer­nant María Casares et son père, Santiago Casares Quiroga (Cartas no exilio –2008– et O tempo das mareas. María Casares e Gali­cia –2016-).

Sa mère Gloria Pérez Corrales, fille d’une ciga­rière (cigar­reira) de A Coruña, a été une personne très impor­tante dans la vie de María.

María Casares a  eu une demi-sœur Esther Casares Quiroga qui a été victime de la répres­sion franquiste de 1936 à 1955. Esther a été arrê­tée en 1936, a connu l’hô­pi­tal mili­taire de Ferrol car malade, puis la prison de A Coruña, mais n’a pu quit­ter l’Es­pagne, étant en liberté surveillée. Esther et sa fille ont quitté la Galice en 1955 pour la France puis le Mexique afin de rejoindre Enrique Varela, le mari d’Es­ther.

De la Galice, María encore appe­lée Vitola par son père, a gardé en souve­nir de merveilleux moments passés à la plage de Bastia­gueiro  et à Montrove. Elle n’a pas oublié, non plus, la biblio­thèque de son père aux innom­brables livres dans la maison, rue Pana­de­ras de A Coruña ; ces ouvrages qui ont été en partie brûlés ou vendus aux enchères par les « fascistes » en 1936.

Mais, en avril 1931, quand la seconde Répu­blique a été procla­mée, Santiago Casares Quiroga et toute sa famille ont rejoint Madrid où Santiago a pris la tête de divers minis­tères. María Casares a connu dans cette capi­tale les ciné­mas et les théâtres ( elle a assisté à la première de « Yerma » de Fede­rico García Lorca).

Cette période agréable pour la famille de María Casares à Madrid a été inter­rom­pue le 18 juillet 1936 quand a éclaté le soulè­ve­ment des mili­taires contre le gouver­ne­ment légal de la Répu­blique et qui a entraîné l’Es­pagne dans la terrible guerre civile de 1936–1939.

Dès novembre 1936, en pleine guerre civile, María et sa mère Gloria ont quitté Madrid pour Paris. Elles se sont instal­lées à l’hô­tel Paris-New-York, rue de Vaugi­rard. Elles y sont restées trente ans ; María faisant ses études et prenant des cours de théâtre dans la capi­tale.

Des mois ont passé et Don Santiago, le père de María, est arrivé à Paris en février 1939 suite à la défaite des troupes répu­bli­caines face à celles du futur dicta­teur Franco. Il n’est pas resté très long­temps à Paris, car, la France, en guerre contre l’Al­le­magne nazie, a été en grande partie occu­pée par les troupes alle­mandes. Il est parti en exil en Grande-Bretagne en 1940. María et Gloria sont restées à Paris. Ils se sont retrou­vés en 1945, à la fin de la guerre, à Paris ou à Cama­ret-sur-Mer, ville chère au cœur de María et de son ami Albert Camus.

Cet endroit de la rue de Vaugi­rard a été pendant des années et surtout pendant l’oc­cu­pa­tion alle­mande un lieu de passage et de refuge pour de nombreux exilés espa­gnols ou d’autres natio­na­li­tés, comme nous a précisé María Lopo.

Une de ces réfu­giés et amie de María, Nina Reicyn, est venue de nombreuses nuits se cacher chez María et Gloria. Nina, jeune juive russe, docteure es-lettres de l’Uni­ver­sité de Paris (thèse : La péda­go­gie de John Locke –1941) et 12 membres de sa famille proche ont été arrê­tés en 1942 et en 1944, car ils étaient juifs. Ils ont été inter­nés dans le camp de Drancy (Seine) ou dans celui de Pithi­viers (Loiret) avant d’être dépor­tés dans le camp d’ex­ter­mi­na­tion d’Au­sch­witz-Birke­nau en Pologne. Nina, son père, sa mère, 7 oncles et tantes, 3 cousin et cousines ont été assas­si­nés dans ce terrible enfer concen­tra­tion­naire d’Au­sch­witz, victimes de la barba­rie nazie. Parmi ses 3 cousin et cousines, il y avait « una muñequita linda  » (une jolie petite poupée) de 5 ans qui s’ap­pe­lait Juliana Emilie Rajcyn.

Pendant cette période de guerre et par la suite, María Casares a conti­nué son ascen­sion tant au théâtre qu’au cinéma en deve­nant la grande comé­dienne que nous avons connue.

Sa mère Gloria est décé­dée le 10 janvier 1946 à Paris et Don Santiago, son père, le 17 février 1950 dans cette même ville.

Maria Casa­rès a écrit en 1980 le livre «  Rési­dente privi­lé­giée » dans lequel elle nous conte tout son parcours d’exi­lée et sa rela­tion amou­reuse avec Albert Camus. Ce livre a été traduit en espa­gnol en 1981 par Fabián García-Prieto Buendía et Enrique Sordo sous le titre « María Casares Resi­dente privi­le­giada  ».

Quant à María, la gali­cienne de la rue Pana­de­ras de A Coruña, elle nous a quit­tés le 22 novembre 1996 à Alloue (Charente).

CONFÉRENCE numéro 2 : « De la Galice à la Bretagne : mémoire, exil et frater­nité sans fin » par Clau­dio Rodrí­guez Fer.

Clau­dio Rodrí­guez Fer, quant à lui, nous a fait la lecture en gali­cien de nombreux de ses poèmes en rapport avec le thème précité et María Lopo nous les a lus en français.

 

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Clau­dio Rodrí­guez Fer et María Lopo (photo Marie-Jo)

Comme nous l’a précisé Clau­dio, il faut savoir que cette région de Galice a été la première victime du coup d’état mili­taire du 18 juillet 1936 contre la Répu­blique espa­gnole et que, celui-ci, a engen­dré un géno­cide fasciste d’une grande ampleur pendant la guerre d’Es­pagne 1936–1939 et l’après-guerre.

Tous les poèmes lus par Clau­dio ont toujours eu comme fil conduc­teur cette période terrible de la guerre et de la post-guerre.

Premier poème :  « Memo­rial dos foxos de Lugo (con Lorca ao lonxe) » « Mémo­rial des fossés de Lugo (et au loin Lorca) ».

Il est dédié à Juana Capde­vielle San Martín, biblio­thé­caire, née à Madrid, assas­si­née par les franquistes et retrou­vée dans un fossé près de Rábade (Lugo) le 18 août 1936. Juana, amie de María Zembrano, avait 29 ans et était enceinte. Le mari de Juana, Fran­cisco Pérez Carballo, 25 ans, a subi le même sort et a été aussi abattu par les fusils fascistes, le 24 juillet 1936.

Cette date du 18 août 1936 n’est pas sans rappe­ler la mort du grand poète espa­gnol de Fuente Vaque­ros (Granada) Fede­rico García Lorca, lui aussi, victime des balles franquistes et jeté dans un fossé entre Viznar et Alfa­car, près de Granada. Il avait 38 ans.

Dans ce poème lu par Clau­dio, le mot cune­tas (fossés) est souvent prononcé pour démon­trer l’hor­reur de ces crimes.

Dans ce même écrit, Clau­dio a rendu hommage à Camilo Díaz Baliño de Santiago de Compos­tela, écri­vain et graphiste, fusillé par des « nacio­nales » barbares, et qui a été retrouvé dans un fossé de Palas del Rey (Lugo) le 14 août 1936. Camilo était le père de Isaac Díaz Pardo, « Compañeiro ances­tral, Isaac Díaz Pardo », peintre, dessi­na­teur et céra­miste (Cerá­mi­cas de Sagar­de­los).

Deuxième poème : « A Juana Capde­vielle  »

Clau­dio l’a spécia­le­ment écrit à l’at­ten­tion de Juana Capde­vielle, la biblio­thé­caire retrou­vée morte dans un fossé à Rábade en août 1936. Les derniers vers sont les suivants :

« En Rábade deixou­nos un cara­vel
para rein­ven­tar o amar, un xira­sol
co que pacer a paz e unha violeta
para fabri­car futu­ros máis muller. »

Traduc­tion propo­sée par María Lopo et Clau­dine Allende Santa Cruz :

À Rábade elle nous a laissé un œillet

pour réin­ven­ter l’amour, un tour­ne­sol

pour nour­rir la paix et une violette

pour imagi­ner des futurs plus femme.

Les trois couleurs qui appa­raissent dans ces vers sont celles du drapeau répu­bli­cain espa­gnol : rouge, jaune et violet, préci­sion appor­tée par Clau­dio.

Troi­sième poème : «  Km 526 »

Il s’agit d’un extrait de la pièce de théâtre «  As Costu­rei­ras  » (Les coutu­rières) toujours en mémoire de Juana Capde­vielle. C’est, en effet, au Km 526 de la route qui relie Madrid à A Coruña qu’elle a été retrou­vée assas­si­née au fond d’un fossé.

Dans « As Costu­rei­ras », Clau­dio rend hommage aussi à Fran­cisco Pérez Carballo, le mari de Juana, à Mercedes Romero Abella (insti­tu­trice), à María Vázquez Suárez (insti­tu­trice) et à tous les autres gali­ciens moins connus ; tous ont été fusillés et retrou­vés dans des fossés ou sur une plage.

Quatrième poème : « Exilio »

Clau­dio l’a adressé à tous les répu­bli­cains espa­gnols et à tous les exilés qui ont dû quit­ter leur terre natale. Il a cité Manuel Azaña, Président de la Répu­blique espa­gnole (1936–1939)  qui s’est retrouvé en exil en 1939 à la fin de la guerre d’Es­pagne dans le sud de la France et qui est décédé à Montau­ban en 1940. Un autre répu­bli­cain espa­gnol que l’on peut rajou­ter est Fran­cisco Largo Cabal­lero, Président du Conseil des ministres d’Es­pagne, exilé en France en 1939, arrêté par la Gestapo et déporté au camp de concen­tra­tion nazi de Sach­sen­hau­sen-Oranien­burg ; libéré en 1945, il est décédé à Paris en 1946.

Cinquième poème : «  A viaxe vermella  » (Le voyage rouge)

C’est un hommage à la grande dame du cinéma et du théâtre María Casares, figure impor­tante de l’exil gali­cien en France.

Sixième poème : « Arse­nal da barba­rie » (Arse­nal de la barba­rie)

Ces vers ont été écrits spécia­le­ment par Clau­dio en mémoire de ces combat­tants répu­bli­cains espa­gnols, livrés aux Alle­mands par le gouver­ne­ment de Vichy, pour la construc­tion de la base des sous-marins de Brest de 1941 à 1944.

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La lecture de ce texte si émou­vant, Clau­dio l’a dédiée à Clau­dine, Jean et Monique, tous les trois enfants de ces travailleurs forcés répu­bli­cains espa­gnols qui ont parti­cipé, à Brest, à l’édi­fi­ca­tion de ce monstre de béton.

Traduc­tion des quatre premiers vers en français par María Lopo et Michèle Lefort :

« On les amena dans des wagons tels des bestiaux,
on les enferma dans des baraques tels des forçats,
on les soumit à d’éprou­vants travaux forcés,
mais personne ne put asser­vir
leur huma­nité expa­triée. »

Septième et dernier poème lu en gali­cien par Clau­dio et en français par María : « A loita continúa  » ( La lutte conti­nue)

Clau­dio l’a dédié à son père Clau­dio Rodrí­guez Rubio.

Mais dans cet écrit sont cités de nombreuses victimes du franquisme durant la guerre d’Es­pagne 1936–1939 et l’après-guerre. Les plus connues sont Juana Capde­vielle San Martín et son mari Fran­cisco Pérez Carballo, Mercedes Romero Abella et son mari Fran­cisco Maza­rie­gos, Ánxel Casal (maire de Santiago de Compos­tela), Alexandre Bóveda et tant d’autres ; les listes de ces victimes sont très longues en Galice et dans l’Es­pagne toute entière.

Le dernier chapitre est un hommage rendu à son père Clau­dio Rodrí­guez Rubio « O meu mellor amigo e cama­rada » (mon meilleur ami, mon cama­rade) qui a connu, en autre, « o vello cárcero de Lugo » ( la vieille prison de Lugo).

Clau­dio termine ce poème par ces phrases :

« A loita continúa, compañei­ras, a loita conti­nua, …

A loita continúa, compañei­ros, a loita conti­nua. »

Traduc­tion propo­sée par Clau­dine Allende Santa Cruz

Compagnes, la lutte conti­nue, la lutte conti­nue, …

Compa­gnons, la lutte conti­nue, la lutte conti­nue.

 

Et oui, encore aujourd’­hui, « A loita continúa » contre la barba­rie, l’in­cul­ture, l’in­to­lé­rance, la violence, la répres­sion, la haine, l’op­pres­sion, l’injus­tice, la torture, la censure, l’ou­bli …….. !

 

RÉCITAL POÉTIQUE MULTILINGUE DU POÈME DE CLAUDIO RODRÍGUEZ FER « A CABELEIRA » par les étudiantes et les étudiants du Master mention Culture et Commu­ni­ca­tion, parcours Mana­ge­ment de projets inter­na­tio­naux.

Ce réci­tal a été orga­nisé par Romane Colin, Cris­telle Le Bris, Noémie Petit, Clément Toul­lec, Gauthier Zerual Queré, Elena Kerrain et Anne Le Coz. Cette préci­sion nous a été trans­mise par Iván López Cabello.

Après les deux magni­fiques et très inté­res­santes confé­rences de l’après-midi de María et de Clau­dio, les étudiantes et les étudiants de l’UBO nous ont lu, en 11 langues,  un extrait du  poème « A cabe­leira ». À ce jour, ce poème a été traduit en 60 idiomes.

Clau­dio, l’au­teur du poème « A cabe­leira » a commencé la lecture de la version origi­nale en gali­cien.

A cabe­leira
(Frag­men­tos)
Eu nacín nun país verde fisterra que vagou errante tras mana­das de vacas.
Incerto fillo son das tribos móbiles que só se deti­ve­ron cando se lles acabou o mundo.
Non teño outras raíces que as da espora nin outra patria habito que a do vento.
Síntome da estirpe daqueles pobos nómades que nunca se consti­tuí­ron en estado.
O noso espí­rito coñe­ceu o abismo e o sentido telú­rico do contorno natu­ral.
A nosa histo­ria é a dun pobo que perdeu o norte e se confun­diu cos bois.
Pero eu recu­pe­rei o norte no medio do naufraxio fluíndo sensual­mente da cabe­leira da lúa.
E a inmensa cabe­leira é labi­rinto no que soamente falo a quen eu amo.

 

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(Vidéo de Marie Le Bihan)

 

María qui a traduit le poème, l’a lu en français « La cheve­lure » .

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La cheve­lure (photo Marie Le Bihan)

Claudio Rodríguez Fer et María Lopo (photo Marie-Jo) 002

                                                                                 Clau­dio et María – réci­tal multi­lingue (photo Marie-Jo)

 

Puis les étudiantes et les étudiants ont suivi :

En breton « Ar blevad », traduc­tion de Herve Ar Bihan, Alan Botrel, Gwen­dal Denez et María Lopo.

En anglais « The tresses », traduc­tion de Diana Conchado.

En castillan « La cabel­lera », traduc­tion de Olga Novo.

 

En chinois, traduc­tion de Zhou Wei .

chinés

 

 

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A cabe­leira en chinois (photo Marie Le Bihan)

En cata­lan « La cabel­lera », traduc­tion de Marta Pessar­ro­dona.

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La cabel­lera (photo Marie Le Bihan)

En portu­gais « A cabe­leira », traduc­tion de Clau­dia Murici.

En russe « Волосы », traduc­tion de Serguey Stepa­nov.

En astu­rien « La callezna », traduc­tion de Xuan Bello.

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La callezna (photo Marie Le Bihan)

En alle­mand « Die haar­pracht », traduc­tion de Regina Goer­ger.

En italien « La chioma », traduc­tion de Ana Rosso.

En gaélique irlan­dais « An ghruaig », traduc­tion de Juan Renales Cortés.

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An ghruaig (photo Marie Le Bihan)

 

 

Après cet après-midi très enri­chis­sant, le verre de l’ami­tié nous a été offert par l’UBO et par nues­tro amigo tan simpá­tico Iván López Cabello qui est à l’ori­gine de la venue de Clau­dio et de María à Brest ce 25 octobre 2017.

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Romane Colin, Cris­telle Le Bris, Iván López Cabello, Noémie Petit, Clément Toul­lec, Gauthier Zerual Queré, Elena Kerrain et Anne Le Coz (photo UBO)

Pour termi­ner cette agréable jour­née à Brest con nues­tros amigos galle­gos Clau­dio y María, Jean nous a conduits vers l’in­con­tour­nable attrac­tion de ces derniers mois qu’est le télé­phé­rique de Brest. Au départ, dans l’unique cabine, se sont assis ou les plus vaillants sont restés debout, Clau­dio, María, Hugues, Jean, Guillaume, Monique et Clau­dine qui n’aime pas trop ces machines volantes. L’en­gin nous a dépo­sés sur le plateau des Capu­cins, magni­fique bâtisse très bien restau­rée qui abrite la média­thèque François Mitter­rand mais malheu­reu­se­ment fermée, vu l’heure tardive de notre arri­vée.

 

Plateau des Capu­cins 25.10.2017 : Jean, Clau­dio, Monique, Clau­dine, Hugues et Guillaume Fernán­dez de l’UBO-Labers (photo Clau­dio Rodrí­guez Fer)

 

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Plateau des Capu­cins 25.10.2017 : Jean, María, Monique, Clau­dine, Hugues et Guillaume. (photo Clau­dio Rodrí­guez Fer)

Avant de rega­gner la terre ferme de l’autre côté de la Penfeld et à la nuit tombée nous avons aperçu la prison désaf­fec­tée de Ponta­niou où ont été inter­nés de nombreux combat­tants répu­bli­cains espa­gnols dont les 11 faisant partie du réseau  « Los depor­tis­tas » arrê­tés le 28 mars 1944. Dix d’entre eux ont été dépor­tés à Dachau, dont mon père Lucas Fernando Allende Santa Cruz. Le respon­sable du groupe Anto­nio García Martín, origi­naire de Casa­vieja (Ávila), quant à lui,  a été fusillé le 21 avril 1944 au Poul­guen en Penmarch (29). Il a été torturé avant d’être exécuté mais n’a pas dénoncé ses cama­rades ; il a mis sur son compte person­nel toutes les actions de résis­tance orga­ni­sées contre l’oc­cu­pant alle­mand. Il est « Mort pour la France » .

 

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La prison de Ponta­niou à Brest (photo Clau­dine Allende Santa Cruz)

 

Agra­de­ci­mien­tos a ti Clau­dio y a ti María por haber venido hasta Brest y trans­mi­tir­nos la memo­ria de esas vícti­mas del fascismo. 

 

Clau­dine Allende Santa Cruz.                                                                                                        30 novembre 2017