Home » Actualités » Le drame histo­rique Lettre à Franco (v.o.s.t. Mien­tras dure la guerra) d’Alejan­dro Amená­bar a été projeté en mars 2020 au cinéma Les Bala­dins de Perros-Guirec (22)

Le drame histo­rique Lettre à Franco (v.o.s.t. Mien­tras dure la guerra) d’Alejan­dro Amená­bar a été projeté en mars 2020 au cinéma Les Bala­dins de Perros-Guirec (22)

Ce film LA LETTRE À FRANCO est sorti en France le 19 février 2020. Il s’agit de l’adap­ta­tion en version sous-titrée de MIENTRAS DURE LA GUERRA (TANT QUE DURERA LA GUERRE) d’Alejan­dro Fernando Amená­bar Cantos né à Santiago du Chili, d’ori­gine chilienne par son père et espa­gnole par sa mère. Deux semaines avant le coup d’État d’Au­gusto Pino­chet du 11 septembre 1973, toute la famille AMENÁBAR s’ins­talle à Madrid.

MIENTRAS DURE LA GUERRA, a été projeté en Espagne, en sortie natio­nale, le 27 septembre 2019 et a obtenu le Prix du Meilleur Film Inter­na­tio­nal au Festi­val de Haïfa de 2019.

Ce film a été récom­pensé par 5 Premios GOYA en 2020:

Meilleur acteur dans un second rôle pour Eduard Fernán­dez (el Gene­ral José Millán-Astray), Meilleure direc­tion de produc­tion, Meilleurs costumes, Meilleure direc­tion artis­tique, Meilleurs maquillages et coif­fures.

Et aussi le Premio Gaudí du meilleur acteur à Karra ELEJALDE, dans le rôle de MIGUEL de UNAMUNO.

LE DRAME HISTORIQUE « MIENTRAS DURE LA GUERRA » d’Alejan­dro AMENÁBAR a pour sujet cette terrible guerre d’Es­pagne 1936/1939.

Bande annonce: 

Ce film a pour person­nage prin­ci­pal, l’écri­vain, poète, philo­sophe basque Miguel de UNAMUNO (29/09/1884 Bilbao-31/12/1936 Sala­manca) qui, en 1936, est recteur de la Univer­si­dad de Sala­manca. 

Alejan­dro Amená­bar a choisi DON MIGUEL comme fil conduc­teur de ce drame pour expliquer ce conflit entre les « nacio­na­lis­tas » de Franco et les « repu­bli­ca­nos » défen­dant leur Répu­blique légale.

 

Bien que répu­bli­cain et député de « Las Cortes », UNAMUNO va, au début, soute­nir le soulè­ve­ment des mili­taires du 18 juillet 1936, dans l’es­poir que l’ordre revienne dans le pays. Mais, très vite, il s’aperçoit que dans sa  ville de Sala­manca règnent la répres­sion, les arres­ta­tions, les exécu­tions de nombreux de ses amis et d’autres personnes qu’il connaît comme l’ex-maire de la ville et profes­seur Casto Prieto Carrasco, retrouvé assas­siné dans un fossé le 29 juillet 1936 ou son ancien élève Salva­dor Vila Hernán­dez devenu recteur de la Univer­si­dad de Granada, qui sera fusillé par les franquistes le 22 octobre 1936.  

Puis, le 12 octobre 1936, « Día de la Raza » (aujourd’­hui en Espagne, c’est le jour de la « Fiesta Nacio­nal de España »), outre, les céré­mo­nies reli­gieuses, la Univer­si­dad de Sala­manca orga­nise des confé­rences. Le thème prin­ci­pal, ce 12 octobre, est «  La Exal­ta­ción nacio­nal, el Impe­rio, la Raza y la Cruzada (o guerra civil). Assistent à cette séance Carmen Polo, l’épouse de Franco, le géné­ral José Millán-Astray (le fonda­teur en 1920 du TERCIO, la Légion Étran­gère Espa­gnole). 

Plusieurs profes­seurs d’uni­ver­si­tés inter­viennent dont Maldo­nado de Guevara qui va attaquer les natio­na­listes basques et cata­lans, les trai­tant de repré­sen­tants de l’anti-Espagne. C’est alors, que Don Miguel prend la parole, car il ne peut se taire en enten­dant de tels mots, mais un vacarme stoppe l’al­lo­cu­tion du Recteur. Et l’on entend dans l’as­sis­tance  les slogans deve­nus tris­te­ment célèbres et morbides, à la fois, comme ¡ Muera la inte­lec­tua­li­dad trai­dora ! (À mort les intel­lec­tuels traîtres !), ¡ Viva la muerte ! (le cri du Tercio, puis des franquistes). Quant à Millán-Astray, entouré de son escorte armée, il conti­nue à hurler comme une bête cette devise : ¡ España ! – ¡ Una ! – ¡ España ! – ¡ Grande! – ¡ España ! – ¡ Libre ! . C’est alors que Miguel de Unamuno s’adresse au « Gene­ral Millán-Astray, invá­lido de guerra » ; il avait perdu un bras et un  œil lors de la guerre du RIF (1921–1926). Unamuno va pronon­cer ces phrases restées célèbres dans l’His­toire de la Guerre d’Es­pagne 1936/1939:

« Vence­réis, pero no conven­ce­réis. Vence­réis porque tenéis sobra fuerza bruta, pero no  conven­ce­réis porque conven­cer signi­fica persua­dir. Y para persua­dir nece­sitáis algo que os falta en esta lucha, razón y dere­cho… » (Vous vain­crez, mais vous ne convain­crez pas. Vous vain­crez parce que vous possé­dez une surabon­dance de force brutale, mais vous ne convain­crez pas parce que convaincre signi­fie persua­der. Et pour persua­der il vous faudrait avoir ce qui vous manque dans cette lutte: la raison et le droit…) 

Après la fin de cette alter­ca­tion, Unamuno est sorti rapi­de­ment de l’am­phi­théâtre avant d’être lynché et que cet inci­dent ne se termine en tragé­die. Il est dit que c’est Carmen Polo, l’épouse de Franco, qui l’a aidé à quit­ter ce « temple de l’in­tel­li­gence » et l’a fait dépo­ser en voiture à sa rési­dence de Sala­manca. Dix jours après, Franco l’a démis de ses fonc­tions de Recteur de la Univer­si­dad de Sala­manca et l’a assi­gné à rési­dence en sa demeure jusqu’à sa mort le 31 décembre 1936.    

Quelques articles extraits du VOCABLE Numéro 804 du 6 au 19 février 2020:

   
      

Ce drame histo­rique est, certes, un rappel de la guerre d’Es­pagne 1936/1939 mettant en présence des repré­sen­tants de la Répu­blique légale espa­gnole et des putschistes mili­taires, mais il est toujours d’ac­tua­lité car l’ex­trême-droite est toujours aussi active dans la pénin­sule ibérique comme en Europe.     

Agra­de­ci­mien­tos a Marie por las pági­nas del VOCABLE  Número 804, febrero 2020.

Clau­dine Allende Santa Cruz
Le 18 mars 2020