Interventions de MERE 29 en presqu’île de Crozon. Retour sur les émouvantes obsèques de Elias Parra García.

Les 10 et 11 avril, MERE 29 a réalisé deux interventions dans la presqu’île de Crozon. Nous remercions très vivement  Yves Le Mest, Loïc et Pilar Bastard, tous deux professeurs d’espagnol à l’association Sol del martes à Roscanvel, pour l’organisation sur place de cette opération.

Le vendredi 10, c’est une intervention de deux heures qui a été menée au Collège Alain de Crozon, devant une centaine d’élèves de troisième, sous la responsabilité de Madame Daoulas, professeur d’espagnol.

Le lendemain,  à Camaret, l’après-midi a été consacré au problème de l’exil républicain espagnol avec à 15 heures, au cinéma Rocamadour, projection du film Josep, puis à 17 heures, intervention de MERE 29 dans la salle Saint Ives, là-même où Maria Lopo a présenté en avril 2019 une conférence sur María Casares lors du Colloque international co-organisé à Brest par l’Université de Bretagne Occidentale et notre association à l’occasion des 80 ans de la Retirada.

 

Lors de ces deux interventions, une attention particulière a été portée à l’accueil des réfugiés espagnols de le Guerre d’Espagne en presqu’île de Crozon et en particulier aux émouvantes obsèques d’Elias Parra García dont l’histoire a été narrée par Marcel Burel, grand spécialiste de l’histoire de la presqu’île, lors du Colloque international de Brest d’avril 2017.

 

Le petit Elias fait partie avec sa mère et son frère José des 201 réfugiés espagnols arrivés à Roscanvel le 1er février 1939, avec le premier train de la Retirada en Finistère. Agé de quelques mois seulement et malheureusement malade, Elias décède à Roscanvel le 10 février. Sa maman souhaite pour lui des obsèques religieuses mais le curé refuse, ne voulant pas faire passer un “rouge” par l’église. Roscanvel se mobilise alors pour donner à Elias des obsèques dignes. Le maire accorde une concession perpétuelle à la famille dans le cimetière et le menuisier prépare le petit cercueil sans se faire payer. Le jour J, quand le cortège funéraire passe devant l’école primaire publique, l’instituteur fait sortir les élèves les plus âgés pour qu’ils s’inclinent devant le cercueil. Et un peu plus loin, lorsque tous passent devant l’église, un des ados espagnols va “emprunter” la grande croix de telle façon qu’Elias arrivera au cimetière précédé de celle-ci.

Et le dimanche 12, c’est avec beaucoup d’émotion qu’Yves Le Mest et moi, accompagnés de nos femmes, avons été nous recueillir sur la tombe du petit Elias, tombe que sa famille n’a découverte que de très nombreuses années après les événements.

 

Jean Sala-Pala
Avril, 2026